Ali Laskri : Dérive, délire et démesure

Ali Laskri s’est littéralement épanché mardi dans une entrevue à TSA, dans l’exercice pénible de justification démagogique, une sorte d’insipide plaidoyer pro-domo visant désespérément à masquer ses erreurs et turpitudes derrière une victimisation parfois à la limite du délire. Le « coordonnateur » autoproclamé d’une instance présidentielle qu’il a gravement dévoyé (avec la complicité active de M.A. Cherifi) a voulu se présenter comme la cible « putsch » fomenté par le groupe parlementaire et exécuté par des nervis qualifiés de « baltaguias ».  

De l’usage abusif du pronom personnel « Je »

Cette interview fournit une révélation de taille: à l’en croire, Ali Laskri, a été l’inspirateur du mouvement de protestation historique des Algériens du 22 février. Sans la moindre once de pudeur, l’ex-membre de la calamiteuse Instance présidentielle du Néo-FFS s’attribue tout simplement la paternité de la révolte algérienne. Comment ? En déclarant tranquillement qu’il a appelé un jour lors d’un meeting à une marche sur la capitale. L’explication est bien mince mais il faudra s’en contenter « J’ai dit qu’il fallait marcher sur Alger ». Il faut comprendre donc que comme un seul homme le peuple se serait levé à l’appel du grand Leader. Une telle déclaration est pathétique, ce qu’elle suggère est tout à fait consternant.

Ce propos d’une inconsistance stupéfiante dans les circonstances que vit le pays sont la preuve de la régression abyssale du niveau politique d’un personnage qui a fini par être détesté par ses propres compagnons de militance.

Sans vergogne, « l’apparatchik sans envergure », selon le mot de Jugurtha Ait Ahmed, répète ad nauseam et à qui veut l’entendre que c’est lui, et seulement lui, qui est l’initiateur au sein du parti de l’idée de la relance des marches de protestation.

Pourtant, il suffit de revisiter l’année durant laquelle il a régné en maître absolu du Néo-FFS pour constater aisément que Laskri est à mille lieux de l’image de révolutionnaire qu’il veut se donner.

Ali Laskri a fermé la porte à tout débat au sein des structures du parti. Il a empêché les militants de se rencontrer au sein de leur section. Il a verrouillé le conseil national. Il a éclaté l’instance présidentielle. Enfin, il a dévitalisé le parti en éliminant une vingtaine de cadres importants en moins d’une année.

Ses rares sorties, ce qui est facilement vérifiable sur la page Facebook du parti, se résument à quelques causeries à huis-clos dans des salles en présence de quelques dizaines de personnes au plus.

On peut aussi aisément consulter les rares communiqués durant l’année écoulée pour se rendre compte de la pauvreté de l’apport politique de ce despote peu éclairé. Cet homme, qui n’a pratiquement aucun bilan et qui n’a rien produit, a l’audace d’affirmer qu’il est l’inspirateur et l’avant-garde du mouvement de national protestation.

Son règne stérile, sans substance et sans panache, n’a été que magouilles bureaucratiques, opacité, errements politiques et violation des règles éthiques qui ont suscité l’incompréhension, l’embarras et la honte à la base du FFS. A.Laskri ne recule devant rien pour réécrire l’histoire et renverser les rôles dans le but de se défausser de sa responsabilité dans la crise profonde qu’il a suscité au sein du parti.

De l’usage abusif du nom d’Aït Ahmed

Cherchant désespérément à se cacher derrière une caution morale, Ali Laskri n’a cessé d’évoquer « Si l’Hocine » pour justifier ses actions. Mieux encore, il a tenté, toute honte bue, de se comparer à lui en faisant le parallèle entre la fronde orchestrée contre le chef historique du parti et l’écœurement des militants à l’égard à ses agissements.

A la recherche d’une stature morale et d’une caution politique indiscutable, le « coordonnateur » déchu n’a cessé de répéter tout au long de l’Interview très complaisante de TSA « si l’Hocine m’a dit, si l’Hocine m’a ordonné », « si l’Hocine m’a qualifié de crème des hommes (sic) », un mantra vide de sens ou une rengaine d’un disque rayé qui n’amuse plus personne.

Ces évocations ne seront d’aucun secours à Ali Laskri. Les militants au bout de plusieurs mois d’observation patiente d’une gestion de plus en plus dégradée, ont pris leur responsabilité de façon légale pour sauver leur parti. C’est bien la base du parti qui en l’arrachant in-extremis des mains du duo Chérifi-Laskri, fossoyeurs de son idéal démocratique, ont évité au FFS un destin funeste.  

De la compromission honteuse

Cette direction déloyale dans le sillage de son mentor effectif s’est également illustrée par des comportements on ne peut plus problématiques.

En effet, quelques jours avant la reprise du parti par les militants, les deux bras armés de Laskri, en l’occurrence Madjid Lemdani, le trésorier, et Djamel Chafâa, le président de la commission de médiation, ont assisté en compagnie du wali d’Alger et du ministre du Tourisme d’un gouvernement totalement illégitime à l’inauguration d’un hôtel. Ils ont participé à cet événement en tant qu’élus de l’APW.

Ces deux individus étaient les seuls et uniques élus de l’APW d’Alger à cautionner par leur présence un gouvernement de Bedoui, unanimement rejeté par le peuple. Cette solitude éclaire d’un jour impitoyable le degré de déloyauté de cet entourage sans scrupules.

Les images de cette forfaiture politique ont fait le tour de la toile. Pourtant le « révolutionnaire » Ali Laskri, qui a ordonné la radiation de Salima Ghezali pour avoir adressé une lettre pleine de sens à Gaïd Salah, n’a rien trouvé à redire sur les agissements totalement répréhensibles de ces deux individus.

De la démagogie et le mensonge en instruments de pouvoir

Avec aplomb, Ali Laskri prétend que la défiance dont il fait l’objet de la part des parlementaires serait due au fait qu’il leur a demandé de démissionner de l’APN « impopulaire et illégitime ». Il serait ainsi l’objet d’un règlement de comptes sans rapport avec sa conduite.

Tout à ses démonstrations creuses car non étayées, A.Laskri s’est bien gardé de préciser que le retrait des parlementaires a été une décision unilatérale. Le « coordonnateur » de la destruction du parti l’a prise dans la solitude de son bureau. Cette décision, ô combien significative, n’a fait l’objet d’aucune explication, d’aucun débat ni résolution du conseil national, instance suprême entre deux congrès.

Il a omis de signaler dans cette optique d’autojustification que les parlementaires demandaient un débat à ce sujet au conseil national, qui a été empêché par ses soins à plusieurs reprises.

Enfin, lui qui prétend avoir démissionné du Parlement, peut-il fournir la preuve de son geste? Peut-il montrer aux militants sa lettre de démission? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait? Quand bien même l’aurait-il fait, a-t-il le droit, en tant que dirigeant du parti, de le faire unilatéralement, sans en débattre ? Un tel geste ne peut être que le produit d’une décision pour convenance personnelle.

Pourquoi A. Laskri omet-il de dire que les parlementaires du FFS ont été les premiers à rejoindre le mouvement populaire dès le 22 février et qu’ils se sont mis au service de la population? De nombreuses photos et vidéos le montrent sans ambiguïté.    

En panne d’arguments, Ali Laskri tente de salir les députés du FFS en insistant de manière convenue sur l’image peu reluisante et impopulaire de ce Parlement. Associant cette image détestable des députés du régime à l’action résolue et désintéressée des représentants élus du FFS.

Qui peut-il leurrer lui qui a passé sept années au Parlement sans jamais avoir pris la parole ? Pas une seule fois. Ici aussi, la pauvreté du bilan est sans équivoque.

Cet interview est le chant du cygne d’un homme qui a cru profiter des circonstances pour se bâtir une stature qu’il est loin de posséder au prix de toutes ses insuffisances, de tous ses excès et de tous ses reniements. Voici donc ce qu’il reste et peut être retenu d’un homme qui a renié les principes sur lesquels a été construit, au prix d’immenses sacrifices, le FFS.

A. Laskri et son entourage ont cassé la dynamique du parti au moment où le pays en avait vitalement besoin. A ce seul titre, l’Histoire a déjà jugé.

FC