Le FFS donne signe de vie

Trois semaines après le début de la contestation populaire pacifique, le FFS a réagi par communiqué. Est-ce un simple frémissement ou le début d’une démarche sérieuse? Nous publions ici le communiqué intégral signé par le premier secrétaire par intérim Haddadou Mhenni

Alger, le 13 mars 2019

COMMUNIQUE

Le FFS rend un hommage appuyé à la mobilisation grandiose et pacifique du peuple algérien qui a fait l’admiration du monde entier pour son unité, sa maturité politique et sa détermination à changer radicalement le système, en exigeant l’édification de l’état sur la base du droit et des principes démocratiques.
Le régime a conduit le pays après plus d’un demi-siècle d’indépendance à une situation désastreuse en termes de gouvernance et de développement aussi bien humain, social, et économique. Il a mis le pays en marge du processus de développement et de progrès face à des institutions inopérantes, discrédités, illégitimes, fermé à toute expression démocratique.
Le peuple algérien a fait de la rue son seul et son dernier espace pour clamer haut et fort sa colère et sa révolte contre un système clanique, obsolète et dépassé.
Le peuple algérien aussi bien en Algérie qu’à l’étranger a mis du mouvement dans le statut quo, il a brisé le mur de la peur, de la méfiance et de la passivité.
Le peuple algérien ne croit plus aux solutions émanant des tenants du régime, il est convaincu que le système est finissant et que l’alternative démocratique est en marche.
Aujourd’hui aucune réforme ne peut être efficace ni efficiente, et ne peut provenir d’un système bâti sur l’absence de liberté, la répression, le dénie du droit, l’injustice, la marginalisation, la Hogra et la corruption, face à la détermination et la résistance pacifique des algériennes et des algériens.

Aujourd’hui la responsabilité des tenants du régime est totale pour avoir rejeté systématiquement toute les propositions démocratiques de sortie de crise et empêcher toute alternative crédible.

Leur responsabilité est totale par leur obstination à prolonger le mandat du chef de l’état en annulant le scrutin présidentiel par un coup de force anticonstitutionnel qui relève d’un mensonge d’état qu’aucune situation exceptionnelle ne justifie en proposant au peuple algérien un semblant de transition sous leur égide pour se recycler et gagner du temps.
Le FFS dénonce avec force la cécité et la surdité de ce régime qui ignore la colère du peuple lequel continue à revendiqué haut et fort le changement radical du système.
Cette nouvelle conférence nationale dite du « consensus » proposé par le chef de l’état n’est qu’une énième diversion destinée à nous détourner de l’essentiel et de gagner du temps pour des réaménagements à l’intérieur du système dans l’objectif de faire avorter toute tentative de changement. 
Toutes les tentatives de s’assurer de la bénédiction et du soutien de la communauté internationale sous couvert de l’alibi fallacieux de la stabilité nationale et régionale serons vaines.
Pour le FFS : libérer une dynamique politique de construction démocratique de l’état et de la société est une priorité extrême en vue d’amorcer une véritable transition démocratique pour l’avènement de la deuxième république par l’élection d’une assemblée constituante. 
Le FFS considère que le changement du système est proche.
Le maintien de la mobilisation populaire, pacifique et la résistance permanente est une nécessité historique pour imposer un changement radical du régime.

Premier Secrétaire par Intérim
Haddadou Mehenni