Mais où est donc passé Mohand-Amokrane Chérifi ?

Au moment où le pays est en ébullition et où le parti est plongé dans une crise profonde qui risque de le désintégrer, Mohamed-Amokrane Chérifi, le « cerveau » du Néo-FFS, brille par son absence. Aucune déclaration, aucune interview, aucune apparition publique, aucun texte, aucune visibilité. Celui qui passe pour le penseur de l’Instance présidentielle est en plongée périscopique dans un contexte interne au parti ou toutes les initiatives comptent. Sans même évoquer la situation d’ébullition généralisée vécue par le pays.

Que pense le fonctionnaire international de tout cela, nul ne le sait et encore moins les militants du parti. Est-il satisfait de l’état de décomposition dans lequel se trouve aujourd’hui le parti? Est-il partie prenante des décisions prises par la direction du Néo-FFS? A-t-il une vision de l’avenir du pays, de l’issue de la crise? Que pense-t-il de la crise dans la crise. Personne n’en sait rien.

Qu’est-ce qui peut bien expliquer la disparition complète et le mutisme absolu de l’architecte du coup de force du congrès extraordinaire du 20 avril 2018?

Formaté dans les couloirs du régime depuis des décennies, il en a conservé les réflexes et les mœurs. M.A. Chérifi est une expression emblématique de l’apparatchik, du bureaucrate sans âme et discipliné, très à son aise dans l’ombre, qui préfère les coulisses à la pleine lumière.  

Après le congrès extraordinaire du 20 avril, M.A. Chérifi a confié à A. Laskri l’animation de façade, en jouant sur l’ambition dévorante de « coordonnateur ». M.A. Chérifi, tacticien en service commandé, est resté à l’arrière-plan pour mieux manœuvrer à l’abri des regards.

Ceux qui connaissent ses méthodes rapportent que l’homme est connu pour son action patiente et discrète au service de donneurs d’ordre qu’il a toujours servi avec constance. Il saura donc faire aboutir le plan qui lui a été confié. Il maintient le contact avec certains cadres pour instiller le poison de l’intrigue, nourrir les acrimonies, gérer les rancœurs. Tout y passe ; du localisme de clocher en passant par la misogynie la plus basse … L’intriguant est parfaitement conscient que la réalisation des objectifs qui lui ont été fixés, intégrer le parti dans la partition du régime, passe par un préalable stalinien : il doit éliminer les personnes susceptibles de s’opposer à son projet.

Ainsi un groupe de cadres proche de Hocine Ait Ahmed, Salima Ghezali, Chafâa Bouaiche, Hassen Ferli et d’autres sont écartés rapidement sous des prétextes grossièrement fallacieux. Menée au pas de charge l’épuration se déroule sans accroc, les hommes liges chargés des basses besognes ne renâclent pas : les médiocres tapis dans leur vindicte font ce qui leur est demandé. L’affaire est close, silence dans les rangs, on en parle plus. La voie est libre, c’est du moins ce que croit ce Machiavel au petit pied.  

M.A. Chérifi, dont le courage n’est pas la qualité la plus évidente, laisse à Ali Laskri le rôle de promoteur de la casse du parti, à cet ambitieux immoral de se charger de la sale besogne, la confrontation des militants et des cadres mécontents. Pour cela, le coordinateur du vide s’arroge un monopole de l’exhibition entre discours décousus et les interventions médiatiques calamiteuses. A lui aussi d’assumer la responsabilité infâme du gel des activités du groupe parlementaire.   

On comprend bien les raisons de cette discrétion et de la prééminence formelle concédée à Ali Laskri. M.A. Chérifi entend visiblement préserver son image pour, le moment venu, apparaitre comme le recours opportun et, pourquoi pas, le sauveur providentiel quand Ali Laskri, au bout de ses foucades aura anéanti toutes les ressources du parti.

Leurre et perversion

L’objectif ultime de Mohand-Amokrane Chérifi est d’inclure le FFS dans le plan du régime. Mais il sait bien que pour atteindre son but, il doit convaincre les militants qu’à l’inverse ce sont les orientations et les idées du FFS qui s’imposent.

M.A. Chérifi avait sorti de son chapeau lors d’un conseil national en automne l’idée de l’assemblée constituante. Un principe que le FFS a défendu, et c’est le seul, depuis sa fondation en 1963.

L’objectif de jeter le parti dans les bras du régime passe par la capacité de faire croire que ce même régime, enfin acquis à la cause du peuple; épouserait les idées du FFS. Par l’opération du Saint-Esprit cette dictature perverse retrouverait le droit chemin en souscrivant enfin au credo de Hocine Ait Ahmed… Qui peut croire un tel conte de fées, à un scénario totalement invraisemblable ? Sûrement pas les militants du FFS.

Au bout de la perversion, le marionnettiste du Néo-FFS serait-il en train de préparer l’après-élection du 19 avril? Serait-il déjà impliqué dans la préparation de la conférence du consensus national, dont a parlé Ahmed Ouyahia lors de son discours à l’Assemblée nationale le 25 février? Une conférence qui apporterait un « changement radical » à la constitution, selon le très détesté premier ministre.

Il apparait clairement maintenant que la décision de geler les activités des parlementaires du FFS n’avait d’autre but que de laisser les mains libres à cet intrigant pour aller dans cette direction et conforter la manœuvre du régime…

Mais les plans les plus sophistiqués et les plus retors peuvent-ils résister à la vigilance des militants?     

FC

 Que se passe-t-il au FFS ? 1er épisode

Que se passe-t-il au FFS ? 2e épisode

Que se passe-t-il au FFS? 3e épisode