L’Instance présidentielle du néo-FFS : entre courants d’air et écrans de fumée


La direction collégiale du Néo-FFS se décompose irrésistiblement et à ciel ouvert sous les yeux incrédules des militants et sympathisants du parti. Cet organe « suprême » expose son incapacité intrinsèque à diriger le parti. Ses composantes ne disposent pas à l’évidence des moyens de rebondir car ils ne possèdent ni des ressources intellectuelles et morale, ni d’assise politique minimale.

Cette instance présidentielle impuissante et morcelée se révèle dans ce qu’elle est à l’origine : une alliance artificielle destinée à tromper les militants pour servir une opération de caporalisation de grande envergure. Lire ou relire :

Devant l’épreuve de vérité, les « apparatchiks sans envergure », sans autre éthique que l’arrivisme et sans autre programme que la captation du parti à leur profit, s’affrontent à couteaux tirés pour préserver des positions de pouvoir au sein du parti. Derrière des postures qui ne trompent plus personne, l’on voit bien qu’il s’agit là de leur seul horizon.

La lente implosion en cours

En réponse à la lettre du groupe parlementaire à l’instance présidentielle, Hayet Taïati et Sofiane Chioukh prennent les devants et donnent leur accord pour que les députés reprennent leurs activités au sein du Parlement. Le binôme prend de vitesse et laisse sur la touche le trio Laskri-Chérifi-Meziani, qui maintient sa décision aberrante et inexplicable de geler les activités des parlementaires.

Les deux membres de l’instance présidentielle écrivent dans leur réponse aux députés: « Après consultations et discussions, nous donnons notre accord sur la levée du gel des activités parlementaires et ce, dès réception de ce présent courrier ».

Le document signé par Hayet Taïati et Sofiane Chioukh montre clairement que l’instance présidentielle a perdu toute autorité politique, se fractionne sans espoir de rémission et n’est plus dans la capacité de diriger le parti.

Que vont répondre Ali Laskri et son chef de groupe parlementaire lorsqu’ils vont rencontrer les députés dimanche?

L’issue de cette guerre de tranchées est d’ores et déjà fatale pour une instance présidentielle dont le bilan est absolument catastrophique.

Le maintien obstiné du préposé aux sale besognes

Cette crise provoquée par le groupe parlementaire vient s’ajouter au problème posé par le premier secrétaire Mohamed Hadj Djilani. Ce dernier qui est perçu par de nombreux militants comme une réplique à l’échelle du parti du sinistre Ahmed Ouyahia, exécutant sans état d’âme les basses œuvres du régime, demeure toujours en fonction en dépit de la démonstration implacable de l’irrégularité de sa désignation. En effet, en dépit de toutes les preuves de la non-conformité avec les statuts du parti de sa nomination, ce premier secrétaire illégal est confirmé à son poste par une partie de l’instance présidentielle.

Ali Laskri, qui ne coordonne plus rien, pense gagner du temps en occultant le cas de Hadj Djilani rejeté de tous. Il n’a pas prononcé un seul mot à la suite de la série spectaculaire de démissions de secrétaires nationaux la semaine dernière. Le coordonnateur du vide fait le dos rond en espérant que la tempête passe sans faire trop de dégâts.

Mais « l’apparatchik sans envergure » fait fausse route : la question de l’illégalité et l’illégitimité du premier secrétaire pèsera comme une épée de Damoclès tant qu’il s’obstinera dans le déni.

Perte de sens et aveuglement

Bien entendu, tout le monde n’est pas mécontent d’une telle situation. Ceux qui ont toujours œuvré pour la marginalisation du FFS et de ce qu’il représente en termes de luttes contre la dictature exultent. Le programme élaboré dans les laboratoires de la police politique semble fonctionner comme prévu. Le parti du regretté Hocine Aït Ahmed est paralysé, en déroute.

Le but était de rendre le FFS inaudible et invisible dans cette conjoncture cruciale pour l’avenir du pays. Du point de vue des appareils du pouvoir, l’opération est un succès.

Le parti est livré à des personnages qui n’exhibent que leurs limites. Les discours creux restent sans écho; cette instance présidentielle discréditée a beau tenter de dissimuler sa faiblesse politique derrière des faux-semblants, elle ne convainc personne. Le dernier communiqué minable du premier secrétaire à la suite des manifestations du 22 février témoigne de cette perte de sens et d’une incapacité analytique patente.

Le jour où des centaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement pour exprimer leur rejet de l’humiliant cinquième mandat qu’on veut leur imposer, Ali Laskri se trouvait dans une section du parti à Ath Yeni prononçant devant quelques militants un discours décousu et inconsistant. Dalila Taleb était à Tizi Ouzou et Brahim Meziani à Bouzguene. 

Rater les rendez-vous avec l’histoire est le propre des usurpateurs.

FC