Le FFS renaîtra-t-il de ses cendres?

Il devient évident aux yeux de tous que l’actuelle Instance présidentielle s’enlise chaque jour davantage dans la mare de boue qu’elle a elle-même constituée. Plus rien ne fonctionne au Néo-FFS. Les slogans creux comme les allégeances personnelles montrent rapidement leurs limites et ne peuvent pas leurrer indéfiniment une base aguerrie comme celle du FFS. Une base de militants et de cadres formée et nourrie durant des décennies par un combat inlassable pour la démocratie. Les enseignements de Hocine Aït-Ahmed, d’Ali Mecili et de tant d’autres authentiques leaders et militants ne se sont pas évaporés à la suite d’un coup de baguette magique ou l’illusionnisme tient lieu de programme.

Les abîmes insondables de la médiocrité

Les militants ont supporté une année durant des décisions erratiques, des comportements indignes et des discours du niveau du café du commerce, donnant l’impression d’une perte de sens et d’orientation de moins en moins masquée par des slogans et des postures sans ancrage dans le réel.

De nombreux signes indiquent que la fin de l’actuelle Instance présidentielle est proche. Cette direction, aussi divisée qu’incompétente, se retrouve complètement coupée des structures du parti.

La peur n’est plus de mise et la censure n’opère plus. Mohamed Hadj-Djilani, honni de tous, a été hué lors d’une rencontre à Bejaïa, les militants ont même voulu l’empêcher de s’exprimer. Une édifiante vidéo a même circulé sur Internet. Brahim Meziani, membre de l’IP, a cru bon d’élever le ton contre les militants, manifestant de la sorte une arrogance totalement déplacée et un insupportable mépris de la base. Croyant se donner de la consistance par la morgue et un autoritarisme d’adjudant de semaine, il a plutôt renforcé la colère et la détermination des militants.

À Alger, tentant une manœuvre, encore une autre, M. Hadj-Djilani a convoqué la Commission administrative fédérale (CAF) pour une rencontre jeudi dernier. Deux membres seulement se sont présentés à la réunion, qui n’a évidemment pas eu lieu.

Ces deux épisodes montrent que le premier secrétaire fait face à un désaveu général incontestable et sans précédent.

Sur les réseaux sociaux, les claviers crépitent et les critiques virulentes à l’endroit des dirigeants pleuvent quotidiennement.

Rétropédalage de Laskri et épidémie de démissions

Le site TSA avait annoncé il y a quelques jours la sanction de huit cadres du parti. Deux jours après cette annonce, le parti a officiellement démenti, criant au complot. Mais dans les faits, quatre des personnes citées par TSA ont reçu des avis de suspension et des convocations pour comparaître devant la commission de médiation, l’antichambre de l’exclusion.

Que s’est-il passé entre la fuite de TSA et le démenti officiel du parti ? Pourquoi seulement quatre cadres ont été suspendus dans les faits et pas les autres? C’est un des mystères du règne peu glorieux de Ali Laskri et ses associés. 

Pendant ce temps, une dizaine de secrétaires nationaux ont remis leur démission. D’autres sont également annoncées. Les membres du secrétariat national de M. Hadj-Djilani sont chaque jour moins nombreux, les défections, entre exaspération et écœurement se multiplient. Faudra-t-il qu’il se retrouve enfin seul pour admettre l’évidence et quitter un navire qu’il a effectivement contribué à saborder? Les tout prochains jours nous le diront.

La politique de gribouille 

Il y a plusieurs semaines, la direction du Néo-FFS a annoncé qu’elle gelait les activités du groupe parlementaire. Aucun des membres de l’actuelle direction n’a été en mesure d’expliquer les raisons de cet ukase. Preuve supplémentaire s’il en est encore besoin que ces « apparatchiks sans envergure » ne sont capables d’aucune démarche positive et, complétement démunis de vision politique, se terrent dans les faux semblants oppositionnels et les approximations dans un contexte particulièrement troublé. 

Face au cinquième mandat probable d’une élection courue d’avance, la direction du Néo-FFS a cru se refaire une virginité en prônant le boycott « actif ». Mais cette décision également pèche par un déficit criant d’analyse critique de la situation générale, et fait complétement l’impasse sur le paysage politique une fois ce processus électoral formel accompli.

Il suffit d’écouter l’entrevue d’Ali Laskri à TSA pour comprendre qu’il s’agit ni plus ni moins que de bricolage politique. Ali Laskri, dépourvu d’arguments et d’articulation stratégique, n’a fait que brandir un malheureux tract pour appuyer sa démarche. Comment peut-on penser convaincre de la justesse d’une posture politique avec un pauvre tract comme seul feuille de route?

Mieux, ou pire, encore une indication patente de l’inconséquence de ce « coordonnateur » autoproclamé; lors d’une émission sur la chaîne Al Magharibia, Ali Laskri a déclaré que les militants de son parti devront rejoindre ceux qui manifestent contre le cinquième mandat. Sans boussole ni ligne claire en perte flagrante d’identité politique, Ali Laskri ne sait plus où il habite.

Cette errance verbale, traduction d’un vide analytique béant, coute cher au parti et à sa crédibilité. Les calculs mesquins et les fourberies ne peuvent se substituer à une stratégie politique fondée et opératoire. Ali Laskri et son entourage ont démontré leurs véritables intentions déstabilisatrices visant à vider le parti de ses compétences et de ses composantes créatives. Qu’ont-ils proposé en échange? Un bavardage inaudible en guise de programme politique et la surchauffe de la machine à exclure.

Le rôle néfaste de cette direction, toute occupée à exclure et à manigancer, se révèle à tous chaque jour en pleine lumière. Une chose est sûre, la chute de ces intrigants qui ont voulu se donner un statut usurpé hors de leur portée est proche. Cette chute aura un prix et il sera très élevé.

FC