Une délégation inédite du Néo-FFS à l’Internationale Socialiste (IS)

Kaci Lounas, à gauche

L’on a appris incidemment que le Néo-FFS a choisi de dépêcher Lounas Kaci, membre de l’incongrue « chancellerie diplomatique », pour représenter le parti au conseil de l’Internationale socialiste qui s’est tenu à Saint-Domingue les 28 et 29 janvier derniers.

On peut admettre qu’il soit dans une logique d’organisation d’attribuer une activité, quelle que soit sa nature, à une structure officielle, aussi bizarrement dénommée soit elle. « Diplomatique » ou préposée aux relations internationales, cette pompeuse « chancellerie » reste néanmoins un organe aux contours imprécis dont on ne connait ni les missions ni les prérogatives.

Mais lorsque l’on consulte le site de l’Internationale socialiste, il s’avère que la délégation du FFS (Néo) était composée du co-chancellier Lounas Kaci et d’une seconde personne, Madame Kaïssa Kaci, qui n’est autre que l’épouse de Lounas Kaci.

Personne ne s’aviserait à prétendre le contraire : Lounas Kaci a le droit absolu de se faire accompagner par son épouse où bon leur semble. Cependant il ne peut pas l’inclure dans une délégation officielle du parti et la faire participer ou assister aux travaux du Conseil de l’IS pour la simple raison que cette dame n’occupe aucune fonction officielle au sein du parti.

Le Néo-FFS qui a l’habitude de communiquer à tout va sur la moindre commémoration ou inauguration de chrysanthèmes d’Ali Laskri et consorts est resté muet sur cette mission internationale. On ne trouve nulle trace de ce voyage sous les tropiques sur le site officiel du parti. C’est pour le moins surprenant. D’autant que les cadres et militants du parti sont en droit de se demander qui a assumé ou pris en charge les frais de déplacement de la famille Lounas.

Mais au fait, qui est Lounas Kaci?

La discrétion dont fait preuve la direction du parti sur cette mission lointaine suscite des interrogations de la part de militants qui se demandent qui est la personne qui les a représentés aux assises caraïbes de cette organisation. Il y a donc lieu de revenir sur le profil du représentant du Néo-FFS à ce désormais fameux conseil de l’Internationale socialiste.

Lounas Kaci est un ancien militant de la mouvance berbériste radicale. Il était notamment membre du groupe de Mohamed Haroun, qui fut accusé d’être l’auteur de l’attentat à la bombe qui cibla les locaux du journal El Moudjahid le 03 janvier 1976. Lounas Kaci et ses camarades furent condamnés et emprisonnés par le régime dictatorial de Boumediene. Après sa libération, Lounas Kaci s’exila au Canada où il vit encore aujourd’hui.

Sans porter de jugement sur l’homme et son passé, sa présence dans une structure du parti a de quoi interpeller, au vu de son orientation actuelle, politique et idéologique, très éloignées de celles du FFS. En effet, M. Lounas Kaci est réputé pour sa proximité avec le MAK. Cette mouvance sécessionniste très connotée, avec des membres de laquelle notre co-chancellier s’affiche ostensiblement depuis de nombreuses années à Montréal.

Comment cet individu a-t-il pu être choisi pour représenter le parti dans une rencontre internationale? Sur quelle base a-t-il été désigné? S’agit-il d’une simple manifestation de copinage, de clientélisme ordinaire ou d’une inquiétante dérive politique?

Rigueur hier, inconsistance aujourd’hui…

Lors de son intervention devant le conseil de l’IS, Lounas Kaci s’est borné à des généralités et à faire la promotion de l’ONU. Pas un mot sur la situation du pays. À la lecture de son intervention, il est aisé pour tout observateur du parti de reconnaître les arguments que ressasse Mohand Amokrane Cherifi dans ses différentes publications où il fait l’éloge de l’action de son très multilatéral employeur. Il ne fait guère de doute que l’auteur de ce texte sans substance et sans consistance est bien ce membre de l’Instance Présidentielle.

Le regretté Hocine Ait Ahmed a toujours accordé une grande importance à l’action internationale du FFS, qu’il menait autour de principes fondamentaux (la défense des droits de l’Homme, de la démocratie, le pluralisme…) tout en étant toujours intransigeant sur l’intégrité et l’unité du pays. Le militant-fondateur s’est inlassablement attaché à construire et maintenir l’image de sérieux et de rigueur du FFS à l’étranger. Conscient aussi de l’importance d’assurer une pérennité de l’action internationale du parti, Il a œuvré tout au long de son parcours à former de nombreux cadres du FFS à l’exercice difficile des relations internationales dans des contextes instables aux évolutions inattendues.

Cette péripétie sans gloire, ou l’approximation politique prend des allures touristiques montre que le niveau d’exigence s’est dangereusement contracté. Ces comportements qui portent directement atteinte au legs historique du parti et à son prestige international montrent que le Néo-FFS fait fi des principes sur lesquels se fondaient l’action de Hocine Aït Ahmed.

FC