Les moments clefs du calamiteux feuilleton produit par le Néo-FFS

Premier épisode : Tout commence par un coup de théâtre. Hayat Taïati, membre de l’instance présidentielle, dézingue le premier secrétaire Mohamed Hadj-Djilani en face des membres du conseil national et en présence des autres membres de l’IP. Et elle annonce que le premier secrétaire est démis sine die de ses fonctions au nom de l’instance présidentielle. Personne n’avait anticipé une telle charge de la part d’une dirigeante sans passé dans le parti. Aucune réaction des autres membres de l’IP, tous, comme un seul homme, aux abonnés absents.

Le conseiller politique du premier secrétaire, Malek Sadali annonce sa démission sur sa page Facebook. Son nom ne figure pas en effet dans le remaniement annoncé par l’Instance Présidentielle. Dans les faits, il a été bel et bien révoqué pour avoir semble-t-il critiqué sur sa page Faebook un membre de la direction, en l’occurrence Brahim Meziani. Dans la foulée, Ahmed Hmimi Bouider, (ci-devant secrétaire national chargé de la « préservation du patrimoine », ça ne s’invente pas!) annonce également sa démission à la suite des « violations des statuts du parti constatés lors de dernier CN tenu hier le 25 janvier 2019 au siège national par certains membres de l’IP ».

Deuxième épisode : Le lendemain, ayant sans doute cuvé les débordements d’une journée tumultueuse, la direction du parti mutant se réunit en l’absence significative de Mme Taïati et M. Chioukh. Le premier secrétaire est maintenu à son poste par Ali Laskri, Mohand Amokrane Chérifi et Brahim Meziani. Aucune réaction n’est enregistrée de la part de Mme Taïati et de M. Chioukh qui disparaissent des radars médiatiques.

Troisième épisode : L’ex-député et membre de l’inénarrable « chancellerie » (enflure verbale pour conjurer le vide de sens?) du Néo-FFS, Belkacem Amarouche, ose une question sur sa page Facebook : « Pouvez-vous m’aider à répondre à un questionnement : Que vaut une maison sans fondements solides ? » Est-ce une question de résistance des matériaux, un soupir architectural ou un message subliminal destiné aux sapeurs du néo-FFS?

Quatrième épisode : Dans ce qui ressemble à un coup de semonce et un rappel à l’ordre,Mohamed Achir, secrétaire national, écrit sur sa page Facebook : « Pour toute la rigueur dans l’application des statuts, règlements intérieurs et chartes du parti. Pour un fonctionnement démocratique du FFS »

Cinquième épisode : Droit dans ses bottes, le premier secrétaire inconforme, Mohamed Hadj-Djilani, déclare, très inspiré, au cours d’une émission de télévision que la crise du Néo-FFS « se déroule sur Facebook, pas au parti ». Une observation qui sonne comme une tranquille insulte à l’intelligence des téléspectateurs Selon cette sommité politique, le psychodrame du Conseil National n’aurait jamais eu lieu, sa gestion jamais critiquée et Madame Taiati n’aurait jamais mis fin à ses fonctions. S’agit-il d’un modèle local de post-vérité ou de pur déni dans toute sa splendeur pathologique?

Résumé de la saison 1 : Le bateau prend l’eau de toutes parts. Des secrétaires nationaux contestent les décisions de l’instance présidentielle, laquelle étale ses déchirements au vu et au su de tous. Des groupes, autrefois alliés pour évincer les cadres proches de Hocine Ait-Ahmed, règlent des comptes sur la place publique.

Les spectateurs perplexes de cette pantalonnade, s’interrogent sur les raisons du mutisme du duo Lasrkri-Chérifi ? Seraient-ils dépassés par le désordre qu’ils ont eux-mêmes créé ou/et sont-ils dans l’attente d’instructions de l’extérieur (on peut identifier sans grande difficulté la nature de cet « extérieur ») pour reprendre en main les rênes d’une carriole qui galope vers l’abime ?

Pourquoi ces deux ténors de l’instance ne répondent-ils pas aux graves allégations de Mme Taïati? La comptentrice féroce du premier secrétaire aurait-elle tout dit? Ces deux héros du « redressement » du parti auraient-ils des choses à se reprocher ? Pourquoi n’ont-ils pas exclu du parti la fulminante accusatrice comme ils ne sont pas privés de le faire pour d’autres cadres?

À suivre… 

FC