Néo-FFS : Hayet Taïati explose l’instance présidentielle

Qui dirige le Néo-FFS?  

Hayet Taïati entourée de Ali Laskri et Brahim Meziani

Sans préavis ni signe avant-coureur, Hayet Taïati, membre de l’instance présidentielle issue du congrès extraordinaire du 20 avril 2018, prend la parole au conseil national du 25 janvier pour y descendre en flammes le premier secrétaire, Mohamed Hadj-Djilani, et le démettre de ses fonctions en direct. Devant un parterre interloqué, alors que quelques instants plus tôt, Brahim Meziani, un autre membre de l’instance présidentielle, annonçait quant à lui le maintien du premier secrétaire à son poste et un remaniement du secrétariat national.

Dans son réquisitoire d’une rare violence, Mme Taïati déclare que la nomination de M. Hadj-Djilani est illégale au vu des statuts du parti. Ainsi il s’avère que le Néo-FFS était dirigé par un premier secrétaire inconforme depuis avril 2018, soit depuis presque une année. Ce responsable informel a été pourtant nommé et confirmé par la même instance présidentielle, à laquelle appartient Mme Taïati.

Pour rappel, FFS, chroniques avait publié le 13 août un article démontrant le caractère illégal de la nomination du premier secrétaire. Il aura fallu quand même à Me Taïati près d’une année pour se rendre compte de la supercherie.

Pour enfoncer davantage son ex-associé dans l’opération de normalisation du parti, la « pasionaria » du Néo-FFS ajoute que le premier secrétaire ne s’est pas conformé aux lois en ne présentant pas le bilan financier aux instances du parti, soit l’instance présidentielle et le conseil national.

L’accusatrice précise qu’il est individuellement responsable de ses actes.

Les arguments juridiques dont Mme Taïati s’est servie sont d’une extrême gravité et risquent fort de mettre en péril l’existence légale du parti. Une éventualité que FFS, chroniques, encore une fois, avait mise en exergue dans un article publié le 26 décembre dernier.

En fin de compte, les membres du conseil national se sont quittés après la déclaration de Mme Taïati dans le brouhaha et la confusion. Officiellement, la séance du conseil national n’a pas été levée. Ce qui montre à tous dans l’incompétence et l’inconséquence que le Néo-FFS n’est même plus capable de respecter les formes élémentaires de fonctionnement de ses instances. La faillite est totale dans le fond et dans la forme.

Régressions et déchirures au sommet

Avec un aplomb remarquable, Malek Sadali, ci-devant conseiller du premier secrétaire désavoué, se précipite dans l’allégeance en annonçant sur sa page Facebook son soutien à Mme Taïati. Pourtant quelques mois plus tôt, il affichait son soutien au premier secrétaire déchu, le défendant ouvertement en s’attaquant à ceux qui remettaient en cause sa légitimité. C’est le retournement de veste le plus rapide de l’histoire du Néo-FFS, il y en aura certainement d’autres, pour nous instruire sur la réelle qualité d’opportunistes avérés et pour nous distraire en ces temps d’inquiétude.

Cette situation démontre clairement que la clique de l’instance présidentielle est coupée au moins en deux. D’un côté Laskri, Chérifi et Brahimi qui veulent maintenir leur homme de main, préposé aux sales besognes De l’autre, Taïati et Chioukh, qui veulent s’en débarrasser pour placer un autre homme-lige ou femme de main pour accomplir d’autres sales besognes. Une situation qui fait dire à un fin connaisseur du parti « les hyènes se dévorent entre elles ».

Voici donc le résultat indiscutable du congrès extraordinaire du 20 avril : une guéguerre d’usure interminable entre des apparatchiks sans envergure ni morale, dont la mission commune est de neutraliser politiquement le parti.

Excommunications publiques et communication bancale

Il est évident que les chefaillons du Néo-FFS sont tenus en laisse par les multiples officines de la police politique qui leur transmettent des instructions contradictoires et suscitent des clivages à perte de vue pour ridiculiser le parti et le mettre hors d’état de nuire le régime.

Comment expliquer sinon l’appel du boycott actif du Néo-FFS de l’élection présidentielle du 18 avril 2019?

De quels moyens disposent ces dirigeants pour déjouer cette élection loufoque? L’appareil du Néo-FFS est complètement inopérant et souffre d’une indigence politique et organisationnelle sans précédent. Avec quels militants et quels cadres le Néo-FFS influera sur les événements?

Quelques jours avant cet épisode kafkaïen, Ali Laskri et ses acolytes ont publié un communiqué où le ridicule s’expose crûment dans la pauvreté argumentaire et la panique.

Le texte de Ali Laskri et consorts reprend à son compte l’antédiluvienne compulsion paranoïaque des appareils politiques du régime. Le sempiternel concept de « la main de l’étranger » que le régime ressort systématiquement à chaque fois que, contesté ou remis en cause, il n’a aucun discours à opposer.

N’ayant plus rien à dire de sérieux, la clique a la tête du parti mutant s’attaque à ses opposants de tous bords les menaçant de représailles, voire de recourir à la justice au prétexte d‘on ne sait quelle diffamation.

Une des perles de ce communiqué aussi maladroit que mal pensé est incontestablement la formule tautologique de « calomnies mensongères » Ce qui illustre, dans l’à-peu-près et le n’importe-quoi, que les mots n’ont plus de sens chez les dirigeants du Néo-FFS…

FC