Retour sur le troisième anniversaire du décès de Hocine Aït Ahmed


La commémoration du troisième anniversaire de la disparition de Hocine Aït Ahmed a marqué irrémédiablement une rupture entre le Néo-FFS et le fondateur du parti et sa famille

Le 20 décembre, Jugurtha Aït Ahmed publie sur son mur Facebook la déclaration suivante :

« Contrairement à la rumeur, le recueillement du 22 décembre n’est pas réservé uniquement à la famille de Hocine Ait Ahmed. Il est aussi ouvert aux amis sincères et fidèles admirateurs de mon père dans le respect de la Rahma. Ce recueillement ne doit pas être l’objet de récupération politique d’où qu’elle vienne. Pour ma part, je ne participerais pas la réunion d’Alger car elle est éminemment politique ».

Le message est clair, explicite et sans ambiguïté : la commémoration du décès d’Aït Ahmed ne peut faire l’objet d’une quelconque récupération politicienne.

Le même jour, son frère Salah Aït Ahmed publie à son tour le communiqué signé de la famille : « Bienvenue à chacune et à chacun qui désire venir partager et se recueillir dans la Rahma en mémoire de Hocine Aït Ahmed le samedi 22 décembre 2018 dès 10 h du matin à Aït Yahia. 

Merci également de bien vouloir honorer Ait Ahmed en respectant ses dernières volontés notariées, en particulier que sa tombe ne fasse jamais l’objet d’aucune cérémonie de la part d’aucune cérémonie de la part de toutes autorités politique, de tous parti politique et autres groupements ».

Il est hors de question pour la famille que la tombe du grand militant disparu se transforme en fonds de commerce ou en mausolée pour quiconque. 

Le jour de la commémoration, la famille a dévoilé le texte des volontés du défunt gravées sur le marbre et incrustées sur la tombe de Hocine Aït Ahmed.

Madame Djamila Aït Ahmed a prononcé un discours sobre empreint de puissance et de subtilité qui a touché les quelques courageux militants et quelques fidèles compagnons, dont Salima Ghezali, qui sont venus se recueillir sans tambour ni trompette.

La faible participation à cet anniversaire à Aït Yahia suscite des interrogations. Pourquoi les militants ont-ils déserté l’évènement? Le climat de terreur qui règne dans ce parti mutant a découragé plus d’un par peur de représailles est certainement une des explications. L’autre explication serait le découragement des uns, l’opportunisme des autres et – surtout ? –  le trouble d’un grand nombre qui ne sait à quel saint se vouer dans un parti transformé en pétaudière.   

Le Néo-FFS dénué de scrupules

Le jour même le Néo-FFS organisait un meeting folklorique à la salle Sierra Maestra à Alger. Même la presse, pourtant très favorable au Néo-FFS, n’en a pas fait mention. Seul Algérie patriotique, site d’infox détenu par la famille du sinistre général Nezar, devenu quasi porte-parole du Néo-FFS, l’a évoqué dans un minuscule article.

Le lendemain une nombreuse délégation du Néo-FFS s’est présentée à Aït Yahia dûment munie de la bureaucratique et très circonstancielle gerbe de fleurs. Ce fut un moment particulièrement embarrassant, caricatural, indigne de la mémoire du fondateur du FFS.

Toute honte bue, les dirigeants du parti voulaient prendre la parole, s’inscrivant ouvertement contre les dernières volontés de Hocine Aït Ahmed. Si ce n’était la vigilance des membres de la famille présents, qui ont empêché toute prise de parole, ce rassemblement se serait transformé en un meeting dans la pure tradition des partis uniques, un bavardage inconsistant dans un festival d’hypocrisie et de médiocrité.

Toute cette gesticulation n’a servi à rien. Les dirigeants du Néo-FFS peuvent aisément constater leur isolement, le peu d’écho de leurs déclarations creuses, l’échec de postures artificielles et la défiance à laquelle ils font face.

La vidéo de l’intervention de la valeureuse Djamila Aït Ahmed a été vue plus de 60 000 fois, alors que la vidéo du parti mutant n’a été suivie que par quelques centaines d’internautes. S’il fallait une preuve du gouffre qui sépare les dirigeants des militants et plus largement des Algériens, l’audience dont a bénéficié Mme Aït Ahmed en est une, incontestable.

Les courtisans et leurs intrigues

Mais l’abjection et l’indécence d’apparatchiks sans ancrage ni envergure, n’a pas de limites. Le jour du recueillement familial, l’un de ces chétifs thuriféraires du triumvirat directeur, un dénommé Malek Sadali, un courtisan repéché de la nouvelle direction, a posté sur Facebook une vidéo du défunt Aït Ahmed assorti du commentaire suivant : « Le dernier testament de Hocine Ait Ahmed llah irehmou. (Celui-là personne ne peut le falsifier) » suggérant très clairement que le testament dévoilé par la famille serait sujet à caution.

Le 25 décembre, le même personnage s’enfonce en déclarant toujours sur sa page Facebook : « Le testament de si lhocine llah irehmou laissé à sa famille est d’ordre privé, je ne me sens pas concerné. Par contre, moi, militant du FFS, la vidéo qu’il a envoyé au dernier congrès est son dernier testament. ». En termes d’indécence, d’indigence morale et de néant politique, il est difficile de faire pire.

L’agitation d’une direction déboussolée et la surenchère de soutiens immoraux ne parviendra jamais à entacher le legs politique de Hocine Ait-Ahmed. Aucun groupe ni aucune faction ne pourra jamais récupérer l’image du leader disparu, son message de liberté et de dignité est beaucoup trop puissant pour être étouffé par les hommages sournois et les commémorations anesthésiantes de bureaucrates incultes. Ceux qui ont la chance de l’avoir approché imaginent le sourire narquois de Hocine face à ces grimaces… Ait Ahmed échappe à tous ceux qui voudraient l’asservir à leurs minables calculs, il est l’esprit de la Révolution Algérienne, indestructible et irrécupérable.

FC