Victoire du FFS aux sénatoriales à Béjaïa et à Tizi-Ouzou, défection des élus à Alger

La séquence des élections sénatoriales au Néo-FFS mérite une petite halte pour entreprendre une lecture synthétique de l’état des lieux. 

Abdenour Derguini, sénateur de Béjaïa, Rabah Menaoum, sénateur de Tizi-Ouzou et la candidate d’Alger Aïcha Boudiaf

Dans un premier temps, la primaire organisée par le parti mutant a donné la victoire à des candidats qui ne font pas partie de la cour d’opportunistes de la direction actuelle. Elle a consacré donc les candidats opposants à la ligne du Néo-FFS aussi bien à Béjaïa, à Tizi-Ouzou qu’à Boumerdes et à Alger. Cet échec cinglant a été le premier revers infligé par les élus du parti au trio Chérif-Laskri-Hadj-Djilani. La pilule est d’autant plus amère que l’idée d’une primaire pour les sénatoriales résulte d’une initiative de la direction annoncée à la surprise générale lors du conseil national du 19 octobre dernier. C’était pour partie une manœuvre médiocre pour enterrer le débat sur l’exclusion de Salima Ghezali et de tenter d’autre part de profiter de l’effet de surprise pour favoriser des candidats favorables à la réorientation politique du parti.

Même si cela peut paraître dérisoire dans le désordre général qui prévaut à tous les niveaux, la nouvelle direction comptait sur le renfort de deux sénateurs favorables pour renforcer sa mainmise sur le parti.

Las, la manœuvre a lamentablement échoué et s’est soldée par un échec cuisant pour Ali Laskri et consorts. 

À Béjaïa et à Tizi-Ouzou, la victoire sans équivoque d’Abdennour Derguini et de Rabah Menaoum constitue incontestablement un affaiblissement de la direction du Néo-FFS.

En revanche, le peu de voix dont a bénéficié Mme Aicha Boudiaf à Alger laisse perplexes les observateurs. En effet, cette candidate victorieuse lors des primaires semble avoir été victime d’une manœuvre de rétorsion de la direction nationale. Sinon comment expliquer que sur 125 élus dont dispose le parti à Alger, seuls 29 ont voté pour la candidate? Beaucoup moins de voix que lors de la primaire.

Visiblement, les élus locaux du parti ont subi des pressions pour voter contre cette candidate ou, à tout le moins, ils se seraient abstenus.

C’est la cas également à Boumerdes, où Belkacem Benameur, vainqueur de la primaire, a visiblement lui aussi fait les frais d’instructions de la direction aux élus contre sa candidature. La partie était d’autant plus facile dans cette wilaya, où la famille d’Ali Laskri règne sans partage.

Dans les deux cas de figure, le Néo-FFS offre le spectacle d’un parti en déroute, indigne de son héritage.

Si la direction a fait pression pour voter contre la candidate du parti, elle démontre qu’elle fait passer ses intérêts propres avant ceux du parti. Si les élus locaux se sont abstenus, cela montre une absence totale d’autorité morale de la direction.

Enfin, signe patent de la déliquescence du parti mutant, l’annonce de la victoire du parti à Béjaïa a été annoncée par le secrétaire national chargé de la communication sur sa page Facebook par un post sur fond de déjections. Cette expression de l’immonde et de l’indigne révèle la nature de ses auteurs et se passe de tout commentaire.

Toujours est-il, cette séquence des élections sénatoriales préfigure de ruptures très graves dans la cohésion du parti.

FC