Néo-FFS : L’effondrement qui vient

L’insignifiant Amar Ghoul, président du TAJ, un minuscule parti-croupion de l’alliance Bouteflikienne, a réussi à ébranler le Néo-FFS et à semer le doute dans les rangs des rares militants qui y croient encore. Par une mise en scène loufoque dans une conférence de presse chaotique, Amar Ghoul annonce qu’il a proposé à tous les partis, y compris le (Néo) FFS, le report de l’élection présidentielle et l’organisation d’une conférence du consensus national. Il a même affirmé que tous ceux qu’il a rencontré ne s’opposaient pas à son idée.

Cette annonce a eu lieu le 16 décembre. Ce n’est que le 23 décembre que la direction du Néo-FFS a démenti l’information par les voix de Mohamed Hadj-Djilani et Ali Laskri.

Que s’est-il passé entre l’annonce de Amar Ghoul et le démenti du Néo-FFS? Pourquoi, MM. Hadj-Djilani et Laskri ont-ils pris tout ce temps avant de réagir? Étaient-ils en train de tâter le terrain chez leur base militante ? Attendaient-ils les instructions du tuteur Mohand-Amokrane Chérifi? On le saura probablement dans les jours à venir.

À aucun moment dans la longue histoire de ce parti, ni le pouvoir, ni ses partis n’ont osé utiliser le FFS comme un instrument de leurs multiples manipulations. C’est maintenant possible grâce à l’œuvre destructrice du trio Chérifi-Laskri-Hadj-Djilani. Car cette équipe a réussi à faire sauter en quelques mois toutes les digues qui immunisaient le parti contre de telles manipulations.

Mieux encore, c’était le FFS qui prenait des initiatives significatives et obligeait les uns et les autres à se positionner. C’était le discours du FFS qui permettait de décrypter une scène politique saturée par les confusions et les jeux de rôles divers et variés.

Bien avant l’annonce de Amar Ghoul, pendant l’été 2108, Abderrezak Mokri s’est emparé sans scrupule du concept de consensus national et a même entamé une tournée pour le vendre. Ironie du sort, il est même venu le vendre M. Hadj-Djilani. Qu’a fait le Néo-FFS devant cette situation ridicule? Rien. Il a laissé faire.

Depuis le congrès extraordinaire du 20 avril, le Néo-FFS est sourd et muet (soumoun boukmoun). Il n’entend rien de la grave situation que vit le pays et ne dit plus rien de sensé.

L’opération de caporalisation a en effet réussi. Le Néo-FFS est réduit au niveau du tout-venant des petits partis de laboratoire qui n’ont ni résonance ni écho, et aucune influence sur les Algériens.

L’exclusion

Le seul bilan de ce parti mutant est incontestablement l’exclusion en tant qu’acte politique exclusif. L’organe de répression du parti tourne à plein régime, ce qui a fait dire à un militant sur Facebook : « la commission de médiation est la seule structure du parti qui fonctionne ».

Après la radiation de Salima Ghezali, est venu le tour du député de Béjaïa Chafâa Bouaiche, de Hassen Ferli, ancien secrétaire national de la communication.

Il y a eu ensuite la suspension de Mme Louz, vice-présidente de l’APW d’Alger et de Abderrezak Zemmouri, élu de l’APC de Bir-Mourad-Raïs. Lors du passage de ces deux élus à la commission, des dizaines de militants se sont rassemblés au siège national pour apporter leur soutien aux mis en cause. Une preuve supplémentaire de la défiance des militants envers la direction du parti.

Quid du congrès?

Ce brouillard de complots et de dérives est assumé par des dirigeants aphones dont la seule contribution est l’amputation d’un parti qu’ils discréditent chaque jour un peu plus. Dans ce contexte troublé et incertain, la seule question que se posent les militants est celle du Congrès. En effet, quand se tiendra le prochain congrès ? Aucun élément tangible ne permet d’affirmer que la réunion de cette instance aura bien lieu. Les CAS (commissions administratives de section) sont mises en place de force en l’absence des militants. Les rares qui ont été installées accusent un retard spectaculaire. Et la direction du parti ne pipe mot de la date de ce congrès. Un retard qui risque de faire basculer le parti dans l’illégalité.

Ironiquement le Néo-FFS se trouve ainsi dans une situation comparable à celle du régime qui ne sait que faire de l’élection présidentielle.