Néo-FFS rejoint l’opposition « décorative » : L’héritage de Hocine Ait Ahmed entre les mains du peuple!

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La caporalisation du FFS a donc été consommée lors du Conseil national du 19 octobre 2018. Mohand-Amokrane Chérifi, interface du régime et coordinateur du « coup d’état scientifique », a accompli la mission qui lui a été confiée.  Désormais, le Néo-FFS a rejoint les rangs de l’opposition « décorative » telle que voulue et gérée par le système.

L’objectif fixé à M.A Chérifi est atteint grâce à l’implication agissante d’Ali Laskri et Mohamed Hadj-Djilani en tant que supplétifs motivés par des ambitions et des frustrations explicites. La docilité du conseil national s’explique aussi par l’efficace collaboration d’hommes de main bien connus de la fédération d’Alger, qui, depuis le congrès extraordinaire du 20 avril 2018 dictent leur loi au siège du parti.

Ni l’appel aux consciences de la famille du fondateur Hocine Aït Ahmed, ni les centaines de messages de soutien des militants à Salima Ghezali et à Chafâa Bouaiche, ni une lettre des militants à l’étranger, n’ont fait reculer le triumvirat.

Lors de la réunion du 19 octobre, qui a pris l’allure d’un hold-up, les membres du Conseil national qui ont voulu débattre de l’exclusion de Salima Ghezali, de la suspension de Chafâ Bouaiche et de la vague de répression en cours ont été empêchés de s’exprimer par des méthodes de voyous.

Le président de la commission de médiation démissionnaire, qui devait s’expliquer sur la radiation de Salima Ghezali et la suspension de Chafaa Bouaiche, ne s’est pas présenté au Conseil national. A-t-il subi des pressions? A-t-il été menacé de radiation à son tour? On le saura probablement dans les prochains jours.

Le Conseil national s’est finalement terminé en queue de poisson en adoptant un texte bavard mais indigent portant le sceau typiquement bureaucratique de M.A Chérifi. Ce texte sous couvert d’appel à une assemblée constituante inscrit précisément le FFS dans les logiques d’appareils qui sont l’ordre du jour du régime.

Leurre et enfumage

En effet, M.A Chérifi a sorti de son chapeau la revendication d’une assemblée constituante. Nul besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre que dans le contexte actuel de vide institutionnel et de crise factionnelle au sommet, l’initiative sert directement le pouvoir. Entre purges dans les appareils sécuritaires et convulsions à l’Assemblée Nationale; il n’aura échappé à personne que cet appel s’inscrit dans le cadre d’une lutte féroce pour l’organisation de la transition post-Bouteflika.

Parler d’assemblée constituante au moment où la dissolution de l’actuelle APN est à l’ordre du jour, dans l’hypothèse où son actuel président ne serait pas déposé, montre que le Néo-FFS s’inscrit concrètement dans le dispositif manipulatoire du régime. Les raisons de cette proposition ne souffrent donc d’aucune équivoque.

La dissolution de l’APN devrait permettre à Abdelaziz Bouteflika de prolonger son mandat pour le plus grand bénéfice de ses entourages en attendant l’élection d’une nouvelle assemblée chargée de rédiger et d’adopter une nouvelle constitution. Le but étant de maintenir le régime sous assistance respiratoire en attendant une clarification des modalités de la transition au sein du groupe des décideurs militaro-financiers.

C’est tout bénéfice pour les « décideurs ». En intégrant le FFS mutant dans un paysage politique artificiel entièrement contrôlé, le régime décrédibilise le dernier parti autonome tout en légitimant formellement ses manœuvres.

Croyant berner ses militants sincères, ce Néo-FFS alimente la pompe du respirateur politique avec l’idée de l’assemblée constituante. Car, étant une revendication constante du parti, la proposition a l’allure d’une revendication légitime, raisonnable et … opportune. Consensuelle dans les formes dessinées par la police politique, cette « constituante » pourrait ainsi être défendue par l’ensemble du théâtre politique et la presse aux ordres.

Ce leurre viendra s’ajouter aux éléments, aussi factices les uns que les autres, d’un débat d’apparences qui vise uniquement à diviser l’opinion et à l’égarer sur de fausses pistes. Ces subterfuges n’ont d’autre finalité que de gagner du temps et permettre à l’oligarchie de renforcer son assise pour continuer à imposer son diktat aux Algériens.

Il va sans dire que dans la perspective d’une Assemblée nouvelle, constituante ou non, la direction du FFS saura récompenser ses clients, et, ce n’est pas le moindre des avantages, tout en se débarrassant des gêneurs…

Le combat pour la démocratie continue!

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La radiation de Salima Ghezali a été un signe clair et sans ambiguïté d’alignement sur le régime. Les décisions qui ont suivi l’éviction de la conseillère la plus proche de Hocine Aït Ahmed n’ont fait que confirmer la réorientation policière du FFS. Ce qu’avaient pressenti les observateurs dès le début de la crise se traduit dans la réalité. Le FFS a bel et bien muté et s’est transformé en un instrument au service de la police politique. Les déclarations oppositionnelles théâtrales ne trompent personne, ces mêmes postures sont d’ailleurs communes à tous les groupes politiques asservis au régime. L’opinion sait déjà à quoi s’en tenir.

La déclaration de la famille du leader disparu a le mérite de clarifier les conditions d’un héritage politique contrairement aux assertions fallacieuses des courtisans d’hier qui se découvrent aujourd’hui une âme iconoclaste. La captation d’héritage tentée par des intrigants et des agents infiltrés est vouée à l’échec. Inculte et sans morale, sans principes ni cap politique, la direction issue du « coup d’état scientifique » du 20 avril n’a d’autre avenir que l’impasse. Le FFS n’est plus qu’un faire-valoir au service du régime.

Le combat pour la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit continuera irrésistiblement sous d’autres formes et d’autres structures. Le legs politique de Hocine Ait Ahmed est entre les mains du peuple et de ses continuateurs, tous les militants désintéressés, sincères et engagés dans la voie pacifique de rupture politique avec la dictature.

FC