Exclusion de Salima Ghezali et suspension de Chafâa Bouaiche : L’amputation et la régression

salima derniere

Comme cela était inscrit d’emblée dans la logique des imposteurs qui ont pris le pouvoir au FFS, les « apparatchiks sans envergure » ont donc eu recours à des méthodes staliniennes pour imposer l’exclusion de Salima Ghezali et la suspension du député Chafâa Bouaiche.

En agissant avec une telle violence symbolique, la direction du Néo-FFS s’aligne sur des mœurs et usages de parti unique ce qui est le comble de l’ironie pour un parti qui s’est battu depuis sa création pour la réhabilitation du politique.

Cette séquence, additionnée aux précédentes depuis le congrès extraordinaire, prouve à ceux qui doutent encore que le FFS n’est plus le parti d’opposition et de proposition qu’il fut, mais bien un organisme mutant, un Néo-FFS instrument des laboratoires de la police politique.

Nervis et sales besognes : La prise de contrôle du FFS par la police politique

Au-delà des explications qui relèvent de la psychopathologie, entre misogynie claire et sentiment d’infériorité intellectuelle manifeste, l’exclusion de la députée d’Alger est avant tout un gage d’allégeance du Néo-FFS au régime. Cette orientation ne souffre d’aucune ambiguïté, l’acte d’accusation de Salima Ghezali est on ne peut plus explicite.

Les dirigeants issus de la manipulation du Congrès extraordinaire ont pleinement joué le rôle de supplétifs en écartant celle qui a eu le courage de s’adresser au général Gaïd Salah, comme elle a eu le courage de s’adresser les yeux dans les yeux au président Lamine Zeroual dans les années 1990.

En agissant ainsi, le trio-Chérifi-Laskri-Hadj Djilani a transmis un message clair au régime : « Nous tenons le parti, vous pouvez être rassurés, nous ne permettrons pas à nos militants de perturber votre quiétude »

Sinon comment expliquer que soit sanctionnée aussi radicalement l’auteure d’une contribution de qualité et d’une indiscutable pertinence politique au débat public, qui plus est s’enracine dans les principes défendus par le FFS depuis des décennies?

Le cahier des charges de cette bande de comploteurs sans qualités morales et encore moins intellectuelles tient en quelques mots : Salima Ghezali ne doit en aucun cas tenir un rôle futur dans le parti. Ce n’est un secret pour personne, sa seule présence a toujours eu le don d’exaspérer le régime tant elle symbolise la résistance intellectuelle à sa dictature mafieuse.

L’objectif premier de la mission confiée au triumvirat le 20 avril 2018 est donc atteint.

S’agissant du député de Béjaïa Chafâa Bouaiche, les dirigeants du Néo-FFS ont satisfait une composante centrale du régime : la mafia qui dilapide les biens publics et les corrompus au sein de l’administration. Là aussi le message est limpide : « Faites vos affaires tranquillement, plus personne ne viendra vous dénoncer ».

Par ces méthodes de nervis, il s’agit bien de faire taire les voix fidèles à la ligne d’opposition démocratique pensée par Hocine Ait Ahmed. On le constate en observant l’action des dirigeants issus du complot scientifique, l’opposition à la dictature n’est plus qu’un bavardage creux, des formules incantatoires et des postures vides de sens politique.

Faire face à la spirale régressive

L’exclusion de Salima Ghezali et la suspension de Chafâa Bouaiche seront lourdes de conséquences et pourraient mener ultimement à l’implosion du parti, qui va rentrer dans une intense période de turbulences dans les jours à venir.

Premier signe de cette implosion est la démission du président de la commission de médiation pour protester contre les pressions subies par la direction du parti. Selon ce qui a été rapporté, Ahmed Sili a promis de s’expliquer devant le conseil national du 19 octobre.

La seule question qui mérite d’être posée devant cette situation désastreuse est la suivante : les membres du conseil national vont-ils accepter l’infamie que vient de subir le parti ?

C’est l’heure de vérité pour les députés, les élus locaux et les autres membres du conseil national. Soit leurs convictions politiques prennent le dessus sur les petits calculs politiciens et reprennent en main le destin de leur parti, soit ils actent par leur acceptation la victoire du Néo-FFS et l’aboutissement de la caporalisation.

Les membres du conseil national ont la responsabilité de préserver et enrichir la sadaqa djariya, selon la formule du Pr. Chibane, léguée par Hocine Aït Ahmed. Un héritage d’une valeur immense en voie de dilapidation par une clique d’aventuriers aux mains du régime, dévorés par l’ambition et motivés par un irrépressible désir de revanche sur des personnalités d’une autre dimension…

En décidant l’amputation d’éléments importants dans la production de contenu politique authentique, ces soi-dirigeants engagent le parti dans une spirale régressive dont la conséquence ultime est catastrophique pour le pays dans un contexte inquiétant. Les textes convenus, sans intérêt analytique et sans portée politique, diffusés par cette direction sont l’indication limpide d’un recul désastreux face aux convulsions du régime et à la situation sociale infligée à la population.

Par ces méthodes de basse police, ce triumvirat bureaucratique inculte et complètement soumis au régime proclame publiquement que les militants engagés sur le terrain comme les intellectuels dignes de ce nom n’ont plus de place dans le parti.

Devant l’exclusion de Salima Ghezali et à la suspension de Chafâa Bouaiche, les membres du conseil national devront assumer leurs responsabilités…

FC

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