Presse « indépendante » et Néo-FFS : Le baiser de la mort

 

IPDans un exercice de manipulation d’une éloquente sophistication, le site Tout sur l’Algérie (TSA) publie un article le 25 septembre dernier proclamant avec une admiration sans nuance que le Néo-FFS d’Ali Laskri est revenu dans le camp de l’opposition. Le sous-entendu est explicite, selon cet organe de propagande électronique, il ressort qu’avant la prise du pouvoir par Ali Laskri et ses épigones, le FFS était compromis avec le régime. Le sous-entendu est d’autant plus massif que l’auteur de l’article feint d’ignorer qu’Ali Laskri est un des dirigeants de ce parti depuis plus de 20 ans. Bref, ne retenons plus notre joie, le Néo-FFS redevient opposant, s’attaque au pouvoir « sur tous les fronts », selon TSA.

Deux hauts faits d’arme inspirent l’enthousiasme du journaliste. D’abord, le Néo-FFS a dénoncé « le volet social » de la politique du gouvernement et a réaffirmé « sa volonté de soutenir l’action des syndicats autonomes, et sa solidarité avec les mouvements sociaux ». Ensuite, le parti de Ali Laskri a présenté une motion pour demander la création d’une commission d’enquête sur l’épidémie de choléra qui a frappé le centre du pays…au mois d’août. Tout au long de cette crise qui avait révulsé les Algériens, le Néo-FFS était resté bien silencieux.

Tout en encensant le Néo-FFS, le journaliste poursuit son exercice pervers que la posture du parti redressé, car c’est bien de cela qu’il s’agit, arrange les affaires du régime, puisque ce dernier aurait besoin « pour son image internationale » d’une opposition « plus mordante et plus critique ».

L’article de TSA est un archétype de la gestion de la confusion et de l’induction en erreur, deux des très rares domaines d’expertise du régime et de ses médias.

Tout en encensant le Néo-FFS, le journaliste l’enfonce en suggérant entre les lignes que le parti dirigé par Ali Laskri est le complice consentant du régime, puisqu’il joue le rôle que lui a assigné le régime, soit l’opposant de service inoffensif et inopérant.

Pendant ce temps…

La réalité du parti est toute autre que cette image d’opposant dont l’affabule le journaliste de TSA. Tout le monde sait, notamment les militants et les cadres, que depuis le congrès extraordinaire du 20 avril dernier, le Néo-FFS est embourbé dans des manœuvres organiques caricaturalement bureaucratiques qui ont mis les militants du parti dans un état de choc. Purges, suspensions, commémorations shuntées, incohérence, déclarations creuses, mobilisation étique lors de l’anniversaire du 20 août…sont le véritable bilan de la nouvelle équipe.

Plus grave encore : la nouvelle direction s’était engagée à la préparation du congrès ordinaire en priorité. Or les commissions qui ont été installées à cet effet ont échoué dans leur mission. Aucun résultat n’a été annoncé. La majorité de ces commissions ont dépassé les délais de trois mois prévus par les textes du parti.

Par ailleurs, les seules informations qui circulent dans les journaux et sur les réseaux sociaux concernent la guéguerre entre Ali Laskri et son premier secrétaire Mohamed Hadj-Djilani et l’imminence du départ de ce dernier.

La réalité est que le parti en déshérence de feu Aït Ahmed est réduit à un appareil bureaucratique qui tourne en rond dans la vacuité politique. Les articles faussement élogieux de la presse du régime n’y changeront rien.

FC