Chronique : de l’ignorance au dénigrement

hamrouche-Mehri-Ait ahmed

Des individus, probablement venus sur le tard à la politique ou au FFS, s’expriment allègrement sur ce défouloir qu’est Facebook, lieu de tous les dérapages et des élucubrations les plus improbables. Ces néophytes profitent donc de cette plateforme pour dénigrer Salima Ghezali, lui reprochant de ne pas avoir été au directoire d’Aït Ahmed lors de l’élection de 1999…et d’avoir fait partie de l’équipe de Mouloud Hamrouche, qui, dans leur compréhension particulière, était l’adversaire ou le concurrent du chef du FFS.

Avec cette approche, ces analystes de la vingt-cinquième heure semblent considérer que Hocine Aït Ahmed s’était lancé dans une compétition électorale, au sens classique du terme, avec comme objectif devenir président de la République.

Cette lecture de l’élection présidentielle de 1999 démontre une incompréhension manifeste de la démarche de Hocine Aït Ahmed à l’époque. Pour éclairer leur lanterne vacillante, ces commentateurs politiques devraient relire le discours du candidat lors du congrès extraordinaire de février 1999 à la salle Harcha, à Alger. Le leader disparu déclarait en substance qu’il voulait profiter de cette campagne électorale pour mettre à nu le régime. C’était l’un des objectifs de sa décision de participer à cette élection. L’autre objectif poursuivi était de saisir l’occasion pour s’adresser à la population et de l’écouter, après des années de sang et de propagande.

Dans toutes ses interventions, Hocine Aït Ahmed ne s’était attaqué à aucun des candidats en lice, hormis celui du régime. Bien au contraire, il a souvent fait l’éloge de Mouloud Hamrouche et de feu Abdelhamid Mehri, qui n’était pas candidat. Ce que n’aurait pas fait quelqu’un qui ambitionnait de devenir président. Les archives de cette campagne flamboyante de Hocine Aït Ahmed existent; les aspirants au commentaire politique devraient les consulter avant de proférer des énormités.

Il est utile de rappeler que lors de cette même élection les militants de la commune de Meftah qui appuyaient la candidature de Hocine Aït Ahmed avaient partagé leur local de campagne avec les partisans des candidats Mouloud Hamrouche et Taleb Ibrahimi, afin de leur permettre de se réunir et d’y déposer leur documentation. Lorsque Hocine Aït Ahmed a pris connaissance de cette initiative, il s’est exclamé : « C’est formidable ». Cette anecdote montre si besoin est que le chef du FFS n’avait pas entamé cette campagne dans un esprit de compétition. Bien au contraire. La preuve la plus irréfutable est le retrait des six candidats la veille du scrutin. Aït Ahmed a réussi à convaincre les candidats de « mettre à nu le régime » .

Faire de la politique en Algérie réclame, plus qu’ailleurs, beaucoup de lucidité et de souffle. Ce n’est nullement une affaire de petites phrases ni d’interprétations fallacieuses et encore moins d’histoire révisée.

FC