« Si tu n’as pas de scrupules, tu peux faire ce tu veux »

Mohamed Hadj Djilani

Euphorisé par une salle pleine et acquise lors du meeting de Drâa el Mizan le 11 août, Mohamed Hadj Djilani, dont les rencontres qu’il anime généralement dépassent rarement quelques dizaines de personnes, est passé à l’attaque insidieuse contre des membres du parti et le fils de feu Aït Ahmed, Jughurta, qu’il n’a pas eu le courage de nommer.

« La filiation ou la proximité ne confère aucune légitimité sur le parti, ni permet d’influencer, voire de retarder la dynamique de changement engagé à tous les niveaux pour renouveler les structures et élargir la base du parti dans les 48 wilayas du pays », a-t-il déclaré lors de son intervention.

Ainsi M. Hadj Djilani a emprunté la pente glissante de la légitimité pour s’attaquer à ses contradicteurs au sein du parti.

Mais à l’examen de sa situation, il apparait que l’actuel premier secrétaire du Néo-FFS devrait manifester davantage de pudeur avant de s’embarquer sur la très sensible galère de la légitimité.

Revenons en arrière. M. Hadj Djilani n’a pas été élu membre du Conseil national lors du congrès ordinaire de 2013. Il a été intégré au sein du Conseil national en sa qualité de premier secrétaire fédéral d’Aïn Defla, conformément à l’article 42 des statuts du parti, qui stipule que les premiers secrétaires fédéraux sont membres du CN ès qualité.

En 2016, il occupera successivement le poste de secrétaire national chargé des relations militantes, puis de secrétaire national chargé du pôle société civile. Il devient donc membre du secrétariat national.

Par conséquent, il perd de fait sa qualité de premier secrétaire fédéral et dans la foulée son statut de membre ès qualité du Conseil national.

L’article 57 des statuts précise que le cumul de fonctions exécutives « est interdit à tous les niveaux des structures du parti ». Et l’article 20 du règlement intérie  ur donne la démarche à suivre : « Tout militant assumant une responsabilité exécutive dans les instances du parti, appelé ou élu dans une autre fonction exécutive est tenu de démissionner de son premier poste dès sa prise de fonction. »

Il ressort ainsi qu’au regard des textes, M. Hadj Djilani ne devrait donc pas occuper le poste de premier secrétaire, puisqu’il n’est pas membre du Conseil national.

En nommant Hadj Djilani premier secrétaire en 2017, l’Instance présidentielle, coordonnée par Ali Laskri, a violé les statuts du parti. En le confirmant à son poste après le congrès extraordinaire du 20 avril, la nouvelle Instance présidentielle, toujours coordonnée par Ali Laskri, a violé une seconde fois les statuts du FFS.

Il ne suffit pas d’évoquer le respect des statuts comme un leitmotiv, encore faut-il s’y conformer pour prétendre juger de la légitimité des uns et des autres.

En l’occurrence, la fameuse citation du prophète « Si tu n’as pas de scrupules, tu peux faire ce que tu veux », prend tout son sens.

FC