Normalisation et Statu quo : La crise du FFS dans la crise générale de l’Algérie

 

La crise ouverte au FFS à la suite des manœuvres de responsables infiltrés ou retournés par les services a abouti à la reconfiguration de la direction du parti par un congrès extraordinaire largement composé de militants en rupture de ban avec le parti continue de se développer. Derrière la fiction d’une direction collégiale un trio « d’apparatchiks sans envergure » tente de mener à son terme la mise au pas du FFS par la mise à l’écart des cadres fidèles à la ligne d’autonomie vis-à-vis de la dictature, défendue par Hocine Ait Ahmed. En recourant aux pires méthodes policières et en ne reculant devant aucun moyen, aussi immoral soit-il.

La crise du FFS n’est pas seulement une tentative de mise au pas du plus vieux parti d’opposition mais un moment significatif de la régression politique organisée par un régime qui ne tient que par la violence et la corruption.

Paralysie et corruption

Dans un statu-quo empoisonné, l’Algérie s’apprête à vivre des moments compliqués entre l’impéritie d’une gestion socio-économique désastreuse et une falsification politique érigée en mode de gouvernement.

Le régime est parfaitement conscient de la contraction accélérée de ses marges de manœuvre. Ce régime n’a pas de programme d’adaptation aux chocs externes, il est incapable de concevoir et de mettre en œuvre le moindre plan de redressement, il n’en a ni les compétences ni la faculté de ralentir une course mortelle vers l’abime.

Les moyens financiers de cette dictature perverse s’amenuisent, les prix du pétrole restent bas et ceux des produits alimentaires importés s’envolent, le régime est acculé.

Le degré d’immoralité et de corruption qui ravage l’armée et les polices secrètes est inédit. Dans ce système prédateur, comme l’a montré un scandale récent, les chefs de la police sont aussi les chefs de réseau de contrebande de drogue…

À la veille d’échéances électorales cruciales, il n’a pas de candidat de remplacement pour le chef -nominal- épuisé d’un État effondré. La bureaucratie entièrement vouée à l’affairisme et aux trafics n’est pas en mesure de s’accorder sur une alternative. Et c’est toute honte bue que les médias aux ordres relaient l’hypothèse d’un cinquième mandat pour un homme incapable de prendre la parole publiquement depuis six ans !

La terreur et le mensonge

Sa capacité de violence illimitée mise à part, l’autre domaine réel d’excellence du régime issu du putsch de janvier 1992 réside dans son savoir-faire en matière de tromperie et d’induction en erreur. Pour faire face à une situation qui se dégrade et au mécontentement grandissant, les décideurs effectifs, les chefs militaro-policiers, experts en leurres et faux-drapeaux, ne disposent que du recours aux opérations psychologiques et à la manipulation.

L’étonnante résurrection de maquis terroristes à l’est du pays et la médiatisation éhontée des protestations du sud déshérité montre surtout que les appareils médiatiques (la presse « indépendante ») de propagande tentent de ressusciter l’épouvantail djihadiste pour terrifier l’opinion. Dans le premier cas les victimes directes sont de malheureux jeunes djounouds sacrifiés sur l’autel du cynisme le plus abject et dans le second des populations privées d’eau courante et d’électricité dans une chaleur infernale et auxquelles le régime, au comble du mépris, offre des concerts de musique raï…

Dans le contexte actuel, il est plus que jamais essentiel pour le régime militaro-policier d’étouffer toutes les voix dissonantes et de mettre au pas tous les récalcitrants afin de présenter à ses partenaires l’image trompeuse d’un pays et d’un peuple définitivement soumis.

La caporalisation du FFS entre bien dans cette logique.

Ce blog tiendra donc la chronique des événements au sein du plus vieux parti d’opposition au régime algérien mais également de ceux qui affectent la société algérienne dans son ensemble.

Le témoignage est l’ultime instance de la dignité politique !

La rédaction du blog